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Cognition, réserve cognitive et dépôts amyloïdes dans le vieillissement normal.
Analyse critique de Hélène Amieva, CMRR Aquitaine
BiblioDémences, Volume 7, Numéro 5, (Mai 2010)

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Relation entre atrophie et dépôts amyloïdes dans la Maladie d’Alzheimer.
Analyse critique de Jean-François Dartigues, CMRR Aquitaine
Bibliodémences, Volume 7, Numéro 5, (Mai 2010)

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Une nouvelle technique d'IRM pour une meilleure compréhension des maladies neurodégénératives
Paris | 13 avril 2010. Source Communiqué de presse national

Une méthode prometteuse d'imagerie par résonance magnétique (IRM) vient d'être mise au point par des chercheurs français du Centre de résonance magnétique biologique et médicale (CNRS/Université de la Méditerranée), en collaboration avec le CHU de La Timone à Marseille et le CEMEREM (1). Elle permet de cartographier de manière non invasive la distribution en sodium dans le cerveau humain. L'enjeu est de taille car l'accumulation anormale de cet élément dans l'axone, partie du neurone où circule l'information nerveuse, intervient dans plusieurs maladies neurodégénératives, comme la sclérose en plaques ou la maladie d'Alzheimer. À terme, cette technique pourrait permettre de tester des médicaments potentiels agissant sur le sodium mais également de mieux comprendre les phénomènes intervenant dans certaines pathologies neurologiques, voire de les dépister.

L'imagerie par résonance magnétique (IRM) traditionnelle est basée sur l'excitation des noyaux d'hydrogène portés par les molécules d'eau. Les atomes d'hydrogène sont présents partout dans notre corps, dans l'eau, qui constitue notre organisme à plus de 60% et dans les graisses, en quantités différentes selon les tissus. Conçue dans les années 80, cette technique non invasive permet de distinguer les tissus du corps humain et de révéler, à un stade précoce, certaines anomalies invisibles à ce stade en radiographie "classique", en échographie ou avec un scanner X.

Faire de l'IRM avec d'autres atomes que l'hydrogène, tel est l'un des paris que s'est lancé en 2008 l'équipe dirigée par Patrick Cozzone au Centre de résonance magnétique biologique et médicale (CRMBM, CNRS/Université de la Méditerranée), en collaboration avec le CHU de La Timone à Marseille et le Centre d'exploration métabolique par résonance magnétique. Ce n'est pas un hasard si les chercheurs ont choisi le sodium. Chez l'Homme, cet atome joue un rôle primordial dans les processus de dégénérescence de l'axone, qui constitue la fibre nerveuse du neurone. Ces phénomènes interviennent dans plusieurs pathologies neurologiques comme la sclérose en plaques, l'épilepsie ou la maladie d'Alzheimer. D'où l'idée de cartographier le sodium au sein de l'axone, et plus largement dans le cerveau, en développant une nouvelle technique d'IRM reposant sur cet élément.

La chose est loin d'être aisée, car le sodium est beaucoup moins sensible que l'hydrogène (le signal émis est 20000 fois plus faible). De plus, les scientifiques ont du imaginer des dispositifs innovants pour récupérer le signal émis ainsi que des algorithmes spécifiques pour le traiter. Pour cela, ils se sont appuyés sur l'équipement de dernière génération du CEMEREM, en particulier sur un appareil Verio Siemens doté d'un aimant à champ magnétique élevé (3 Teslas). C'est grâce à une collaboration pluridisciplinaire réunis sant des physiciens, des biologiques et des médecins (2) que! cette m éthode d'IRM cérébrale du sodium a été mise en œuvre. Seuls cinq centres de recherches ont très récemment réussi à maîtriser l'IRM cérébrale du sodium chez l'Homme : il s'agit de quatre équipes américaines et d'une allemande. Désormais, la France bénéficie elle aussi d'une expertise en la matière.

« Une cartographie in vivo de la distribution des atomes de sodium dans le cerveau humain a ainsi pu être obtenue », précise Patrick Cozzone. Les premiers tests ont été effectués chez des sujets sains. Surtout, l'équipe vient d'être autorisée à tester le dispositif chez des patients souffrant de sclérose en plaques au stade le plus précoce. Ce protocole de recherche (3), qui vient d'être approuvé par le Comité de protection des personnes (CRPP), vise à détecter et caractériser les processus provoquant une dégénérescence axonale.

À l'avenir, l'IRM cérébrale du sodium pourrait permettre d'évaluer en direct et in vivo des traitem ents potentiels visant à limiter l'accumulation du sodium intra-axonal, mais également de mieux comprendre les phénomènes en jeu dans les maladies neurologiques comme la sclérose en plaques, la maladie d'Alzheimer et l'épilepsie.

Ce projet bénéficie des soutiens financiers du CNRS et du programme 2009 « Maladies neurologiques et psychiatriques » de l'Agence nationale de la recherche (ANR).

Notes
(1) Le Centre d'exploration métabolique par résonance magnétique est une structure mixte CNRS / Université de la Méditerranée conventionnée avec l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille. Il forme l'implantation hospitalière de l'unité dirigée par Patrick Cozzone, en complément du CRMBM où sont développés des aspects plus fondamentaux.
(2) Plus spécifiquement grâce au travail d'une jeune post-doctorante, Wafaa Zaaraoui, travaillant au CEMEREM dans l'équipe de Jean-Philippe Ranjeva
(3) Il est réalisé en collaboration avec Jean Pelletier, médecin au CHU et chercheur au CEMEREM.

Contacts
Chercheurs l Jean-Philippe Ranjeva l T 04 91 25 65 29 l jp.ranjeva@univmed.fr
Patrick Cozzone l T 04 91 25 65 29 l patrick.cozzone@univmed.fr
Presse CNRS l Priscilla Dacher l T 01 44 96 46 06 l priscilla.dacher@cnrs-dir.fr

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Démence et neuropathologie : la corrélation diminue avec l'âge
Extrait d'Alzheimer Actualités, Novembre-Décembre 2009. Source The New England Journal of Medicine

Le lien entre les lésions neuropathologiques qui définissent officiellement la maladie d'Alzheimer et les signes cliniques de démence fait l'objet de discussions. Les données de l'étude épidémiologique Cognitive Function and Aging Study, menée sous la direction de Carol Brayne (University of Cambridge, GB) ne sont pas faites pour mettre un terme aux débats. Les chercheurs impliqués ont examiné 456 cerveaux de sujets morts entre 69 et 109 ans et évalué la relation entre la présence des plaques séniles, des dégénérescences neurofibrillaires d'une part et d'une démence (selon les critères du DSM-III-R) d'autre part. Il apparaît que la corrélation est très élevée jusqu'à l'âge de 75 ans (odds ratio : 8.63) mais beaucoup moins après 95 ans (odds ratio : 2.48). Aux âges avancés, la sévérité de l'atteinte neuropathologique de type alzheimer n'est pas très nettement élevée chez les sujets déments que chez les autres.¹ Cette observation curieuse tend plutôt à conforter celles acquises précédemment. Si les lésions neuropathologiques classiquement prises en considération constituent de bien piètres critères chez ces vieux, peut-on en proposer un autre plus discriminant ? L'atrophie cérébrale semble plus intéressante à cet égard puisque sa relation avec la démence, forte à 75 ans (odds ratio : 5.11) ne se réduit pas à 95 ans (odds ratio : 6.10).

¹.G.M. Savva, S.B.Wharton, P.G.Ince, G.Forster, F.E.matthews, C.Brayne : The New England Journal of Medicine, 2009, vol.360, 2302-2309

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Incidence et survie de la démence en population générale japonaise : étude Hisayama, analyse critique de Claudine Berr, CMRR Montpellier.
Bibliodémence, volume 6, numéro 5, (mai2009)

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Epidémiologie : Des nouvelles inquiétantes
Extrait d'Alzheimer Actualités, Sept-Oct 2008. Source : Lancet

A en juger par les données présentées à l'occasion de la 11ème International Conference of Alzheimer's Disease( Chicago, 26-31 juillet 2008) l'évolution en cours a de quoi inquiéter. John Morris (University School of Medicine, St.Louis) a fait état de travaux sur des biomarqueurs de la maladie tels que l'évaluation de la charge amyloïde par le composé dit de Pittsburgh ou des dosages dans le liquide céphalorachidien qui suggèrent qu'un pourcentage élevé de personnes du troisième âge doivent être considérées comme alzheimériennes sur le plan neuropathologique même si elles n'en présentent pas les symptômes (près de la moitié des personnes de 70 ans si on se rallie aux critères les plus larges). De son côté, Ronald Petersen (Mayo Clinic), "père" du MCI (mild cognitive impairment) révèle que, chaque année, 5.3% des sujets dont l'âge est compris entre 70 et 89 ans basculent dans le MCI. Or, les éléments disponibles jusqu'alors donnaient à penser que ce chiffre aurait du se situer aux alentours de un à deux pour cent ! Bien qu'il soit toujours difficile de savoir de quelle manière il convient d'interpréter ces données, il ne fait guère de doute désormais que, en plus des sujets dûment étiquetés atteints de maladie d'Alzheimer, de très nombreux autres sont sur la voie qui mène à cette pathologie…

Par ailleurs, les données en provenance des pays en voie de développement sont tout autant pessimistes si l'on en juge par les travaux du Groupe 10/66, ainsi désigné parce qu'on estime que dans les vingt pays auxquels il s'intéresse (Chine, Inde, Mexique, Cuba, Venezuela, Pérou, etc.) on pense que seuls 10% des déments sont recensés alors qu'ils abritent 66% de ceux que comptent la planète. Leur étude à grande échelle porte sur les sujets de 65 ans et plus, vivant dans des milieux culturels très divers, mais à niveau éducationnel rudimentaire et à revenus faibles. Ils leur ont appliqué des modalités de diagnostic de démence localement plus adaptés que le DSM-IV. Pas moins de 15 000 interviews ont été réalisées. On pensait que la prévalence des démences varierait, en fonction des lieux, entre 0.4 et 6.4%. Elle s'étend en réalité entre 5.6 et 11.7% ! Les femmes sont plus affectées que les hommes et l'incidence de la démence double tous les sept ans et demi1.

[1] J.J Rodriguez, C.P.Ferri, D.Acosta, M.Guerra, y.huang, K.jacob, E.krishnamoorthy, A.Salas, A.L.Sosa, I.Acosta, ME.Dewey, C.gaona, A.Jotheeswarab, S.Li, D.Rodriguez, G.Rodriguez, P.S.Kumar, A.Valhuerdi, M.Prince ; Lancet, 2008, vol.25, 464-474

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Un cerveau intact à 115 ans ?
Extrait d'Alzheimer Actualités, Sept-Oct 2008. Source : Neurobiology of Aging

On sait qu'il n'a hélas pas été possible de réaliser une autopsie cérébrale de Jeanne Calment, décédée à 122 ans. On ignore donc toujours s'il est possible d'atteindre un âge aussi avancé sans signe de démence ou de maladie d'Alzheimer. Des médecins et pathologistes néerlandais viennent de nous apporter une information supplémentaire à ce sujet en décrivant le cas d'une autre supercentenaire décédée à 115 ans. Les tests psychologiques qu'elle avait subis à 112-113 avaient montré qu'elle disposait de facultés cognitives supérieures à celle des adultes sains de 60-75 ans.
Par ailleurs, l'examen neuropathologique ne montre aucun signe d'athérosclérose, quasiment pas de dépôt amyloïde et des neurodégénérescences neurofibrillaires qui ne dépassent pas le stade II de Braak. Les auteurs de ce travail concluent logiquement qu'il est possible de garder un cerveau en excellent état jusqu'à un âge très avancé1.Dans un commentaire associé Kelly Del Tredici et Heiko Braak expliquent que les dégénérescences neurofibrillaires, même dans un cerveau âgé, ne doivent pas être considérées comme anodines : elles signent le début d'une pathologie. Mais, ils n'en pensent pas moins qu'il est possible d'atteindre un âge très avancé sans en avoir. En d'autres termes, il faut selon eux distinguer complètement vieillissement et pathologie de la sénescence cérébrale2.

[1] W.F.A den Dunnen, W.H Brouwer, E.Bijlard, J.Kamphuis, K.van Linschoten, E.Eggens-Meijer, G. Holstege : Neurobiology of Aging, 2008, vol. 29, 1127-1132.
[2] K.Del Tredici, H.Braak : Neurobiology of Aging, 2008, vol. 29, 1133-1136


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Actualités de la maladie d'Alzheimer par le Professeur Bruno Dubois, Président du Comité scientifique de L'IFRAD et Professeur de Neurologie à l'Hôpital de la Pitié Salpêtrière,

septembre 2008. IFRAD

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