Facteurs de risque/protecteurs
Cancer et Alzheimer : La preuve par l’épidémiologie ?
Extrait d’Alzheimer Actualités, Mars-Avril 2010.
Source : Neurology
Cancer et Alzheimer : La preuve par l’épidémiologie ?
Extrait d’Alzheimer Actualités, Mars-Avril 2010.
Source : Neurology
Depuis des années, les éventuelles relations entre cancer et pathologies neurodégénératives suscitent des réflexions et les travaux de quelques équipes.
C’est d’ailleurs à ce thème que la Fondation Ipsen consacre son prochain Colloque Médecine et Recherche (26 avril 2010).
Une étude épidémiologique menée par Catherine Roe et ses collègues de la Washington University, à St Louis, apporte de nouveaux éléments.
Ces auteurs se sont intéressés à une cohorte de 3020 sujets âgés de 65 ans ou plus enrôlés dans une enquête à long terme relative aux pathologies cardio-vasculaires.
Ils se sont efforcés de voir si l’on pouvait établir une relation entre l’hospitalisation pour cause de cancer et la prévalence de la démence.
Il apparaît que les personnes présentant un diagnostic de la maladie d’Alzheimer au départ avaient un risque de cancer réduit de 60% par rapport aux autres.
Cette relation concerne essentiellement la maladie d’Alzheimer et non la démence vasculaire.
Inversement, les patients atteints de cancer bénéficiaient d’un risque de maladie d’Alzheimer abaissé de 30%.
¹ Bien entendu, cette étude fera l’objet de remarques d’ordre méthodologique (l’un des biais pouvant être lié à un effet possible de la mortalité associée aux deux pathologies survenant ensemble) et de tentatives de réplication.
Une autre possibilité, conceptuellement plus intéressante, ferait intervenir l’existence de relations plus fondamentales entre les mécanismes moléculaires de ces deux types de maladies..
1 C.M. Roe, A.L.Fitzpatrick, C.Xiong, W.Sieh, L.Kuller, J.P.Miler, M.M.Williams, R.Kopan, M.I.Behrens, J.C.Morris : Neurology, 2010, vol 74, 106-112.
Cacher l'articleDéficit en vitamine D et baisse des fonctions cognitives
Extrait d’Alzheimer Actualités, Mars-Avril 2010.
Source : Neurology
Déficit en vitamine D et baisse des fonctions cognitives
Extrait d’Alzheimer Actualités, Mars-Avril 2010. Source : Neurology
L’idée de l’influence d’un déficit vitaminique dans l’affaiblissement des capacités cognitives du sujet âgé n’est pas nouvelle, tout particulièrement en ce qui concerne la vitamine D.
On sait déjà que le récepteur de la vitamine D est exprimé dans le cerveau, de même que l’enzyme activatrice de cette vitamine laquelle présente par ailleurs la propriété d’agir sur l’expression de facteurs neurotrophiques, de protéines liant le calcium, ainsi que de cytokines inflammatoires, de même que de stimuler la croissance neuritique.
A ces considérations biologiques s’ajoute le fait que les personnes âgées présentent très fréquemment une déficience causée par une mauvaise alimentation ou un ensoleillement trop faible.
Ce déficit peut-il donc favoriser la perte des fonctions cognitives, voire la survenue de la démence?
Trois articles parus dans la revue Neurology nous apportent à cet égard des informations plus précises.
Le premier provient de chercheurs de la Tuft University et d’autres établissements de Boston.
Il porte sur 318 participants (âge moyen : 73.5 ans) dont 14% étaient considérés comme déficients en vitamine D et 44% comme insuffisants (ces éléments sont évalués par le moyen du dosage de la 25 hydroxyvitamine D, métabolite classique de cette vitamine).
La baisse en vitamine D s’est trouvée effectivement associée à un risque accru de démences de causes diverses, Alzheimer y compris, ainsi que d’accident vasculaire cérébral, avec ou sans démence, ainsi qu’aux indicateurs évalués par RMN, de risque cérébrovasculaire.
¹ La seconde étude concerne l’étude EPIDOS portant à l’origine sur l’épidémiologie de l’ostéoporose.
752 femmes âgées de plus de 75 ans ont été réparties en deux groupes en fonction de leur déficience en vitamine D.
Les médecins d’Angers qui ont réalisé cette étude ont identifié une déficience chez 17% des sujets qui s’est avérée associée à de plus faibles performances sur l’échelle SPMSQ (le questionnaire de Pfeiffer).
² La troisième étude, réalisée à Minneapolis sur une cohorte de 1604 sujets de sexe masculins enrôlés dans une enquête sur le risque de fracture ostéoporotique n’aboutit pas à la même conclusion.
Les auteurs ont identifié une relation entre faible niveau de vitamine D et fonction cognitive (évaluée parle moyen du MMS et du Trail Making Test Part B), mais elle n’atteint pas le niveau de la signification statistique.
Dans l’ensemble, ces études confirment de façon non ambigüe le poids de la déficience en vitamine D chez le sujet âgé.
En dépit de la non significativité de la troisième, elles sont plutôt de nature à établir une relation entre ce déficit et l’affaiblissement des fonctions cognitives.
Ceci ne nous donne pas directement une explication causale du phénomène.
On peut imaginer que la déficience vitaminique exerce un effet délétère ou bien que la baisse des fonctions mentales favorise une mauvaise alimentation et une exposition réduite à l’ensoleillement.
De plus, ces enquêtes ne nous disent pas si un apport alimentaire en vitamine D peut exercer un effet bénéfique.
1 J.S.Buell, B.Dawson-Hughes, T.M.Scott, D.E.Weiner, G.E.Dallal, W.Q.Qui, P.Bergethon, I.H.Rosenberg, M.F.Folstein, S.patz, R.A.Bhadelia, K.L.Tucker : Neurology , 2010, vol.74, 18-26.
2 C.Annweiler, A.M.Schott, G.Allali,S.A.Bridenbaugh, R.W.Kressig, P.Allain, F.R.Hermann, O.BEauchet: Neurology, 2010, vol 74, 27-32.
3 Y.SLinin, M.L.Paudel, B.C.Taylor, H.A.Fink, A.Ishnani, M.T.Canales, K.Yaffe, E.Barret-Connor, E.S.Orwoll, J.M.Shikany, E.S.LeBlanc, J.A.Cauley, K.E.Ensrud : Neurology, 2010, vol 74, 33-41.
Parlons de l’alcool pour prévenir les symptômes comportementaux et psychologiques
D’après les propos du Pr Vincent CAMUS Clinique Psychiatrique Universitaire & CMRR, CHRU de Tours.
Le cahier des centres mémoire, décembre 2009, publié par Abstract Alzheimer
Parlons de l’alcool pour prévenir les symptômes comportementaux et psychologiques
D’après les propos du Pr Vincent CAMUS Clinique Psychiatrique Universitaire & CMRR, CHRU de Tours.
Le cahier des centres mémoire, décembre 2009, publié par Abstract Alzheimer
La caféine contre la maladie d'Alzheimer ?
Extrait d'Alzheimer Actualités, Novembre-Décembre 2009.
Source Journal of Alzheimer's Disease
La caféine contre la maladie d'Alzheimer ?
Extrait d'Alzheimer Actualités, Novembre-Décembre 2009.
Source Journal of Alzheimer's Disease
Plusieurs enquêtes épidémiologiques suggèrent que la consommation de café exercerait un effet protecteur contre la maladie d'Alzheimer.
Telle est notamment le résultat de l'étude finnoise portant sur 1400 seniors1.
Les travaux expérimentaux de chercheurs de l'University of South Florida, à Tampa apportent des indices plus directs en faveur de cette hypothèse.
Ces scientifiques ont soumis des souris transgéniques alzhéimérisées, porteuses de la mutation dite suédoise, à un traitement à base de caféine.
Ils ont mis en évidence non seulement une réduction des niveaux de β-amyloïde (Aβ), liée à la suppression à la fois de la β- et de la γ-sécrétases, mais aussi une diminution des dépôts dans l'hippocampe et le cortex entorhinal ainsi qu'une meilleure mémoire de travail.
Cet effet bénéfique se manifeste même chez les animaux chez lesquels existent déjà des dépôts d'Aβ substantiels2.
Détail particulièrement remarquable :
que ce soit chez la souris transgénique jeune ou âgée, même une administration aigue de caféine diminue rapidement la charge amyloïde dans le cerveau et dans le plasma, sans affecter l'élimination d'Aβ.
La même étude montre que les niveaux plasmatiques d'Aβ ne constituent pas un bon index des dépôts dans le cerveau ou des performances cognitives3.
1 M.H.Eskelinen, T. Ngandu, J.Tuomilehto, H.Soininen, M.Kivipelto : Journal of Alzheimers'Disease, 2009, vol 16, 85-91.
2 G.W.Arendash, T.Mori, C.Mao, L.Mamcarz, M.Runfeldt, A. Dickson, K.Rezal-Zadeh, J.Tan, H.Potter : Journal of Alzheimer's Disease, 2009, vol 17, 661-680.
3 C.Cao, J.R.Cirrito, X.Lin, L.Wang, D.K.Verges, A.Dickson, M.Mamcarz, C.Zhang, T.Mori, G.W.Arendash, D.M.Holtzman, H.Potter : Journal of Alzheimer's Disease, 2009, vol 17, 681-697.
Activité physique et risque de maladie neurodégénérative : une revue systématique des preuves prospectives.
Analyse critique de Mélanie Le Goff, CMRR Aquitaine Bibliodémence, volume 6, numéro 2, (février 2009)
Voir l'articleActivité physique et risque de maladie neurodégénérative : une revue systématique des preuves prospectives.
Analyse critique de Mélanie Le Goff, CMRR Aquitaine Bibliodémence, volume 6, numéro 2, (février 2009)
Cacher l'articleUn haut niveau éducatif ne serait bénéfique qu'avant la survenue de l'Alzheimer
Extrait d'Alzheimer Actualités, Sept-Oct 2008.
Source : Neurology
Un haut niveau éducatif ne serait bénéfique qu'avant la survenue de l'Alzheimer
Extrait d'Alzheimer Actualités, Sept-Oct 2008.
Source : Neurology
Plusieurs observations mettent en évidence une corrélation entre le niveau d'éducation et le risque de survenue de maladie d'Alzheimer.
Mais le rôle de ce paramètre dans l'évolution du mal après son apparition est bien moins clair.
Des études ont toutefois montré que le déclin serait plus net chez les sujets les mieux éduqués.
Thomas Koepsell et ses collègues de l'University of Washington à Seattle ont voulu en savoir plus en étudiant une cohorte de 2051 participants âgés de 65 ans et plus suivis dans 27 centres de recherche sur la malacie d'Alzheimer.
Il en ressort qu'un niveau éducatif élevé est bien associé à un sore plus favorable sur le MMSE chez les sujets non malades ou atteints de forme légère.
Il va de 19.6 chez les individus du niveau éducatif le plus faible à 25.9 chez ceux du niveau le plus élevé (en moyenne).
Par contre, avec l'avancée de la neuropathologie, les différences s'annulent, les scores étant de 7.1 et 8.6 respectivement1.
[1] T.D Koepsell, B.F.Kurland, O.Harel, E.A.Johnson, X.-H Zhou, W.A.Kukull: Neurology, 2008, vol.70:1732-1739
Cacher l'articleUne relation Alzheimer - syndrome métabolique
Extrait d'Alzheimer Actualités, Mai-Juin 2009.
Source: Archives of Neurology
Une relation Alzheimer - syndrome métabolique
Extrait d'Alzheimer Actualités, Mai-Juin 2009.
Source: Archives of Neurology
La maladie d'Alzheimer a des liens avec d'autres pathologies, notamment cardio-vasculaires, et le diabète, ainsi que l'a illustré le dernier Colloque Médecine et Recherche consacré par la Fondation Ipsen à cette pathologie.
Kristine Yaffe (University of California, San Francisco) vient apporter de nouvelles informations à l'appui de ce dossier à travers l'étude de près de 4900 femmes d'un âge moyen de 66.2 ans, ne présentant pas de désordre cognitif au début de l'étude.
Après un suivi de quatre ans, il s'est avéré que 7.2% (soit 497 femmes) de celles présentant un syndrome métabolique ont développé des désordres cognitifs, contre seulement 4.1% de celles qui n'en avaient pas.
Ceci vient confirmer d'autres données antérieures.
Il semble donc que l'obésité, la vie sédentaire, une tension artérielle élevée, et d'autres critères associés au syndrome métabolique, puissent être en relation avec le risque de survenue de maladie d'Alzheimer.
Par delà les interrogations quant aux mécanismes de cette interaction, cette observation débouche sur des perspectives thérapeutiques ou préventives concrètes :
on peut, en particulier, se demander dans quelle mesure un contrôle des facteurs associés au syndrome métabolique peut contribuer à la prévention des désordres cognitifs liés à l'âge.¹
1. A.M.Kanaya, K.Lindquist, T.B.Harris, L.Launer, C.Rosano, S.Satterfield, K.Yaffe : Archives of Neurology, vol 66, 324-335.
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Pour faire